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21 mars 2019

Fabien Chevillotte, ECAM Lyon 2006, Portrait !

Lors du journal N°154 sur l'entrepreneuriat, nous étions allé interroger Fabien Chevillotte qui depuis sa diplomation (et même avant!) a choisi d'évoluer sur un marché niche  : l'acoustisque appliquée aux besoins industriels ! Aujourd'hui associé, co-Directeur général & chercheur chez Matelys, Fabien nous fait le plaisir de répondre à nos questions et de décrypter son parcours !

 

Portrait d'un chercheur & entrepreneur passionné !


 

Fabien a fait son stage de fin d'étude au Canada dans un laboratoire de Recherche en Acoustique. Puis, il est resté dans la recherche en Acoustique, d'abord comme ingénieur de recherche au Canada puis comme ingénieur de recherche à l'INSA de Lyon. En 2010, il crée son autoentreprise puis s'associe avec une entreprise existante afin de continuer à faire de la recherche en Acoustique appliquée aux besoins des industriels.

Pour toi, "entreprendre" c'est quoi ?
Je pense qu'il y a plusieurs conceptions de l'entrepreneuriat. Pour beaucoup, il s'agit de créer et de faire croître son entreprise en chiffre d'affaire et nombre d'employés. Pour moi, c'est surtout le meilleur moyen de garder une activité qui me plait et de la faire évoluer en fonction de mes besoins et de mes envies.

 

Pourquoi as-tu choisi de te lancer à ton compte? Quel a été l'élément déclenchant ? Y en a-t-il plusieurs?
La première idée est venue quand j'étais encore au Canada. Les recherches étaient fructueuses. Avec un collègue nous nous sommes posé la question de commercialiser un logiciel associé à ces recherches. Ce collègue a finalement eu un poste de professeur en France. Moi, je suis rentré en 2008 et l'idée s'est finalement concrétisée deux ans plus tard, en 2010.

 

Quelles ont été au départ, les conditions de réussite?
Pendant les deux années passées au Canada et les deux années à l'INSA, j'ai pu commencer à voir qu'il y avait dans le domaine de l’acoustique un besoin de double compétence technique et informatique. J'ai eu le temps d'identifier le besoin et de me créer un réseau.

 

As-tu fait, comme beaucoup,  une SWOT analysis? (Forces, Faiblesses, Opportunités et Risques)?
Je n'ai pas fait de SWOT dans les règles de l'art même si on estime forcément ses forces (les compétences, la valeur ajoutée), ses faiblesses (par rapport à la concurrence), ses opportunités (contrats potentiels) et ses risques.

 

Les conditions du développement? Du déploiement?
Nous avons une activité très spécifique de recherche. Nous ne sommes pas dans un processus de déploiement massif mais on doit se renouveler perpétuellement pour amener de nouvelles idées aux partenaires industriels. Pour cela rien de mieux que d'écouter les difficultés et les besoins de ses clients pour leur proposer des solutions.

A la base, on faisait surtout des études de recherche. Autant dire que chaque année, on remettait les compteurs à zéro et il fallait trouver assez d'idées pour générer de nouveaux contrats. Afin de créer de la récurrence et d'assurer les revenus des salariés, il a rapidement été décidé de commercialiser des logiciels pour capitaliser sur les méthodes développées. Cette activité permet d'assurer un revenu pour les salariés et les études de recherche contribuent aux mises à jour de logiciels.

 

Comment as-tu réglé les aspects juridiques comptables et financiers?
Avant de créer ou de reprendre une entreprise, on se pose toujours la question du statut juridique, des charges à prévoir. Sur le papier il existe un grand nombre de conseillers pour aider à choisir son statut ou à chiffrer son entreprise. Au final, personne n'ose se mouiller et donne peu d'informations complémentaires à ce qu'on trouve déjà sur internet. J'ai eu la chance de rencontrer un comptable, que l'on m'a recommandé. Il n'a pas hésité à me conseiller. Il m'a vite rappelé qu'en tant qu'ingénieur, je n'étais pas plus bête qu'un autre pour chiffrer mon entreprise... bilan, avec quelques données, j'étais capable d'estimer les coûts sur un simple tableur.

 

Et quid du partage des responsabilités?
Comme expliqué un peu plus tôt, j'ai attaqué seul mais je me suis rapidement associé dans une entreprise existante de deux personnes pour travailler ensemble plutôt qu'en concurrence. Les tâches administratives sont réparties entre les trois associés-gérants (comptabilité, gestion du budget, déclarations sociales et fiscales, recrutement, prospection, ...)

Les décisions sont prises par les trois associés-gérants. On m'avait déconseillé d'être trois associés mais au final on a chacun un tiers du pouvoir décisionnel et en 7 ans nous n’avons jamais eu de blocage comme j'ai pu en voir dans d'autres sociétés où ils sont deux à 50/50. Dans notre cas, si deux associés n'ont pas le même avis, le troisième arrive à tempérer pour converger vers une décision collégiale.

 

As-tu du faire face à des conflits techniques? Organisationnels? Ou autres?
Des challenges techniques et scientifiques, on en a régulièrement, mais c'est aussi ça qui est stimulant. Ce que je redoute le plus, ce sont les problèmes humains, une personne qui ne se plait plus dans la société ou un conflit entre deux personnes. Pour cela on essaie d'être carré vis à vis des employés sur le plan législatif (même si les règles changent souvent) et d'instaurer un climat de confiance pour que la communication se passe au mieux et qu'on n'ait pas un problème enfoui qui nous arrive comme une bombe à retardement.

 

Combien êtes vous aujourd'hui chez Matelys ?
On était donc trois en 2010. On a depuis embauché une ingénieure en 2015. Une thèse vient de démarrer et une autre démarrera l'année prochaine. On a également eu une apprentie ingénieure pendant trois ans et on a chaque année 2 à 3 stagiaires.

Le recrutement est évidement un point sensible. Les stages sont un très bon test. Une de nos ingénieures est d'ailleurs une ancienne stagiaire. Les recommandations de son réseau ou des professeurs pour les jeunes diplômés sont d'une grande aide.

 

Toute expérience apporte son lot de leçons. Quelles sont les plus pertinentes que tu souhaiterais partager avec le réseau ?
Je recommande vivement de rencontrer un comptable ou un avocat d'affaires qui fait du conseil. Le rendez-vous peut être payant. Il sera beaucoup plus efficace à partir du moment où on vous l'a recommandé. Bien évidemment toute expérience d'autres entrepreneurs est utile.

Lorsqu'on entreprend, on se met forcément dans une situation à risque, évidemment moins confortable que le graal du CDI. Il y a bien des moments où on se demande s'il ne serait pas plus facile d'aller simplement chercher un autre emploi mais au final, chaque année bouclée, chaque contrat signé et surtout chaque client satisfait, est une fierté.

 


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